Sois spontané !

Sois spontané, sois rentable, sois ponctuel, sois efficace, et surtout, sois innovateur ?

Aujourd’hui plus que jamais la flexibilité est le graal des organisations et de leur réussite. Nous dit-on. Sois souple, cesse de croire aux carrières qui se déplient une fois pour toutes, surtout celles qui se passeraient au sein de la même entreprise, de la même entité. Oublie, c’est terminé, rien à voir, circule.

(c) Bruce Bickford
Mais change !

Ecoute, tu n’as donc pas compris les enjeux qui se trouvent à tes pieds, toi qui porte le regard au loin ? ‘Le changement c’est maintenant’ et ‘yes we can’.

La technologie s’enroule autour de nos métiers tel l’anaconda qui cherche à étouffer sa proie. Pour survivre à l’assaut il conviendrait de changer les  croyances profondes qui sommeillent en nous, celles qu’il va falloir assassiner sur le champ. Et on deviendrait alors son propre libérateur via ce meurtre symbolique.

Cessons, cessons cette folie qui pousse vers une schizophrénie professionnelle et au-delà vers une remise en question brutale du modèle imposé jusque là.

La perception humaine de ces changements sauvages est forcément émotionnelle.

Devenir l’apôtre et rejoindre le fanclub du numérique n’est pas donné à tout le monde, et c’est probablement tant mieux pour la survie de chacun.

Les changements agressifs en cours dans le monde du travail ne peuvent se résumer à tel ou tel projet de transformation, qu’il soit digital ou pas.

Imposer des nouveaux codes incompréhensibles par la majorité des acteurs ne peut que déboucher sur des noeuds dans l’organisation.

Et comme le souligne Paul Watzlawick, ‘on ne peut pas ne pas communiquer’. Alors attention à l’intégrité humaine des démarches de transformation.

Créer des paradoxes pousse le collectif vers la paralysie contagieuse. Celle qui s’exprime par ‘sois spontané’ est éclatante et exemplaire. On te demande d’être spontané et on t’en empêche en te le demandant.  Et le burn-out pointe le bout de son nez, avec la pyramide qui résiste toujours et encore.

Enchainons avec ‘sois innovatif’. Lancer cette phrase la tue dans l’oeuf, cette innovation sacrée. Manions avec prudence l’humain dans nos entreprises, l’homme (Mensch en allemand) est fragile et capable de produire des joyaux.

Faut-il encore s’y attendre un minimum et apprendre à le connaître. Et lui rendre ses lettres de noblesse. Il en déborde. Revenons à la raison.

Ces quelques enseignements se nourrissent de mon expérience en tant qu’être humain et accessoirement comme porteur d’eau dans les entreprises.

 

 

 

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